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Marins habitués à naviguer sur des voiliers modernes,
oubliez vos habitudes,
vos
winchs, vos enrouleurs de foc et de grand-voile, vous êtes
à bord du Bélem !
Vertigo,
ne reculant devant aucun sacrifice, a tenté au printemps
l'expérience
d'un
stage de quelques jours sur le Belem.

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Un
peu d'histoire
Il
y a 104 ans le Belem est mis à l'eau non loin
de Nantes. Il est destiné à transporter du
cacao entre Belem au Brésil et la France pour
les chocolateries Menier. Jusqu'en 1914 il effectuera
de nombreuses campagnes pour le compte de différents
armateurs, transportant toutes sortes de marchandises, même
les plus inattendues telles que des mules. Vers 1914,
la concurrence commerciale avec les bateaux à vapeur
devient difficile et le Belem devient yacht de plaisance
sous couleurs britanniques. Puis il est racheté en
1921 par E.Guinness (Ndlr. le Guinness de la bière)
et rebaptisé Fantom II. Il naviguera dans
tous les océans pour le plaisir de son propriétaire.
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En
1952 il est racheté par une fondation italienne qui
en fait un navire-école basé à Venise
et il navigue dans l'Adriatique. Il est mis en vente en
1979 et c'est l'Union Nationale des Caisses d'Epargne
qui le rachète.
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Aujourd'hui
propriété de la fondation Belem il
navigue comme navire-école, embarquant des
stagiaires pour des durées de 3 à 11 jours
qui peuvent ainsi approcher les réalités de
la conduite d'un grand voilier.
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Embarquer
sur le Belem
Un
stage à bord du Belem c'est la sensation,
toute proportion gardée, de se glisser dans la peau
de ces matelots du siècle dernier qui partaient pour
des campagnes de 6 mois vers des horizons lointains tels
que Brésil, Antilles, Amérique.
Lorsque le bateau décolle lentement ses 58 mètres
de coque du quai et que le pilote du port le dirige
au milieu de la rade, c'est vraiment le début d'une
aventure de quelques jours. Réunis sur le grand roof,
les stagiaires que nous sommes, humons avec gourmandise
le vent qui se lève. Le bateau sort de la rade au
moteur. A quelques miles des côtes, les choses sérieuse
commencent. Etablir la voilure. 1200 m2 de voiles répartis
sur 3 mâts.
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L'affaire
est loin de ressembler à la manoeuvre sur un simple
sloop de croisière de 10 mètres. L'équipage
nous initie à la manuvre. 4500 mètres
de filin (manuvres) se mélangent déjà
dans nos esprits. Mécaniquement nous suivons le maître
d'équipage d'un bord à l'autre. Nous
tirons, hissons, serrons, brassons avec autant d'enthousiasme
que d'ignorance. Effectivement, nos efforts semblent avoir
un effet puisque déjà plusieurs des voiles
se gonflent. Moteur en panne, nous mettons cap au Sud-Ouest,
poussés par un vent de Nord.
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Crédit photo : P.Goetzinger
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